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Libération

Les gays sortent du placard au Liban

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Défiant le tabou de l'homosexualité, des activistes veulent s'affirmer et vivre au grand jour.

Publié le 05/10/2005 à 3h58

Beyrouth de notre correspondante

Pour un soir, ils ont laissé la panoplie du parfait mâle oriental au vestiaire. Sous les lumières artificielles de l'Acid, boîte gay de Beyrouth, des dizaines d'hommes se jaugent, s'aguichent et se rapprochent. Ils ont jusqu'à l'aube. Demain, la plupart d'entre eux affirmeront préférer les femmes. Au pays des Cèdres, l'homosexualité est encore mal vue, la sodomie, passible d'un an de prison. Malgré tout, depuis quelques années, une poignée d'activistes ont fait le pari de s'affirmer au grand jour. Epaulés par Helem (rêve, en français), première association du monde arabe à lutter publiquement pour les droits de la communauté gay, ils ont décidé de sortir de la clandestinité.

«Dégoût». Acte fondateur de cette petite révolution un après-midi d'avril 2003. Les partis de gauche défilent à quelques mètres des barbus du Hezbollah, le parti chiite intégriste, pour dénoncer l'invasion américaine de l'Irak. En queue de cortège, les militants de Helem se sont regroupés sous la bannière arc-en-ciel (étendard du mouvement gay). Elle flotte pour la première fois dans les rues d'une capitale arabe. «Ce jour-là, nous avons franchi un pas décisif, se souvient Georges, l'un des manifestants. Nous avons enfin osé avancer à visage découvert.» Pourtant, a priori, rien n'a vraiment changé au Liban. L'article 534 du code pénal, qui sanctionne «tout acte sexuel en contradiction avec les lois de la nature», incite toujours les jeunes à dissimuler leurs amours coupable

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