Londres de notre correspondante
Le bouillant maire de Londres, Ken Livingstone, a trouvé une expression pour résumer son opposition au projet de loi antiterroriste, soumis hier par le gouvernement Blair aux députés de la Chambre des communes : c'est le «Nelson Mandela test». Selon Livingstone, et la large coalition qu'il essaie de rassembler contre le projet de loi, le nouveau délit d'apologie du terrorisme qui est envisagé conduirait à transformer en coupables tous ceux qui ont soutenu la lutte antiapartheid en Afrique du Sud. C'est l'une des dispositions du texte qui soulève un débat passionné, même si Charles Clarke, le ministre de l'Intérieur, a essayé d'améliorer la définition du nouveau délit en le liant à l'incitation à commettre un crime terroriste.
Modification. L'autre disposition violemment contestée est la possibilité de détenir un individu suspecté d'être impliqué dans un réseau terroriste quatre-vingt-dix jours, au lieu de quatorze actuellement. Scotland Yard réclame cette modification, estimant qu'un tel délai lui est nécessaire pour pouvoir collecter les preuves. Au pays de l'Habeas Corpus, cette procédure exorbitante est dénoncée comme «une forme d'internement», ainsi que le résument l'organisation des droits de l'homme Liberty et tous les opposants. De fait, le suspect pourrait être sous la main des policiers durant trois mois, sans que les charges éventuelles soient soumises à un tribunal, condition nécessaire à la détention provisoire au Royaume-Uni. Pour c




