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La Kabardino-Balkarie, une République cible

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L'attaque d'hier s'inscrit dans une volonté d'étendre le conflit tchétchène à toute la région.

Publié le 14/10/2005 à 4h05

L'attaque contre Naltchik est venue rappeler combien le Caucase russe, formé d'une multitude d'ethnies, est explosif depuis la reprise, en 1999, de la guerre en Tchétchénie. La Kabardino-Balkarie, peuplée de Kabardes (52 %), de Balkars (9 %) et de Russes, est la quatrième république du Caucase russe voisine de la Tchétchénie à être emportée dans la tourmente après le Daguestan, l'Ingouchie et l'Ossétie du Nord.

«Ce qui se passe est une confirmation de la logique d'extension du conflit. L'attaque d'aujourd'hui ressemble à celle qui a été lancée l'an dernier contre Nazran, et qui avait fait une centaine de morts», souligne Anne Le Huérou, spécialiste de la Tchétchénie (1). En juin 2004, un commando composé de Tchétchènes et d'Ingouches avait attaqué Nazran, la capitale de l'Ingouchie, et s'était retiré avec des milliers d'armes et de munitions et peu de pertes. Osée, l'opération avait entraîné une crise dans l'armée russe.

Beslan. La «caucasisation» du conflit a toujours été l'un des objectifs des plus radicaux parmi les leaders tchétchènes vivant dans le mythe d'un Caucase uni allant de la mer Caspienne à la mer Noire. En 1999, le chef de guerre islamiste, Chamil Bassaïev, avait pénétré au Daguestan, s'appuyant sur des foyers islamistes.

En septembre 2004, l'Ossétie du Nord, où cohabitent difficilement Ossètes orthodoxes et Ingouches musulmans, était secouée à son tour. Un commando formé de Tchétchènes et d'Ingouches s'emparait d'une école de Beslan. Le siège s'achevait par des

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