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Libération

Suicide de Ghazi Kanaan : Damas accuse Beyrouth

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Le pouvoir dénonce une campagne de diffamation dans la presse libanaise.

Publié le 14/10/2005 à 4h05

Beyrouth de notre correspondante

C'est dans une tombe qu'il aurait creusée de ses propres mains que le ministre de l'Intérieur syrien a été enterré hier, dans son village natal de la montagne alaouite. La cérémonie fut sobre, à l'image du communiqué publié mercredi par l'agence officielle Sana : «Le général Ghazi Kanaan [...] s'est suicidé ce matin dans son bureau.»

Mais si, lors de l'enterrement de l'ancien chef des services de renseignement syriens au Liban, l'ambiance était au recueillement, à Damas le ministre des Affaires étrangères a sensiblement haussé le ton. Farouk al-Chareh a pointé un doigt accusateur vers la presse. Libanaise évidemment. Elle aurait, selon lui, par le biais d'une campagne diffamatoire, poussé le général au suicide.

Depuis plusieurs semaines, des journaux syriens, proches du régime de Bachar al-Assad, reprochent à des personnalités libanaises de tromper la commission d'enquête internationale, dirigée par le magistrat allemand Detlev Mehlis, sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Lundi, l'hebdomadaire syrien Al-Iqtissadiya écrivait : «Saad Hariri, leader de la majorité parlementaire, et [le Premier ministre] Fouad Siniora tentent d'influer sur le rapport en faisant assumer à la Syrie une responsabilité politique et sécuritaire dans le crime.»

Au Liban, nombre d'observateurs pensent que Kanaan «a été suicidé». Les récriminations syriennes sont vues comme un signe de faiblesse du régime baasiste. Selon Joseph Bahout, chercheur à

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