Le ministère français de la Défense a suspendu hier soir de ses fonctions l'ancien patron de la force Licorne en Côte-d'Ivoire. Le général Henri Poncet aurait couvert ce qui pourrait être l'assassinat d'un Ivoirien appréhendé par les soldats français. «C'est une décision rarissime, à la hauteur de la gravité des faits», a indiqué le porte-parole du ministère, Jean-François Bureau.
Le 17 mai, un Ivoirien a été arrêté par les militaires de l'opération Licorne, dans l'ouest du pays. «Mahé était un coupeur de routes (bandit, ndlr) recherché pour plusieurs meurtres et viols» sur les populations civiles, raconte un officier. Un communiqué militaire précisait alors qu'il était «mort de ses blessures». Il semble n'en être rien. «Toutes les circonstances n'ont pas été établies», ajoute-t-on au ministère.
Parallèlement à l'action judiciaire, Michèle Alliot-Marie a ordonné le 12 octobre une enquête de commandement, confiée à l'amiral Hébrard, inspecteur des forces en opérations. «Certains éléments font apparaître des manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres», indique un communiqué officiel. Outre le général Poncet, un sous-officier et le colonel Burgaud, chef de corps de 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), sont suspendus de leurs fonctions. .
L'état-major des armées à Paris n'a, semble-t-il, découvert que le 11 octobre que ses subordonnés lui avaient menti. «On n'informe pas de la réalité des faits, on crée une autre explication, on couvre !» résume Jean-F




