Sur toutes les grandes artères de Beyrouth, des militaires et des policiers, mitraillettes au poing, veillent. Dans l'attente du rapport de la commission d'enquête internationale sur l'assassinat, le 14 février, de l'ex- Premier ministre Rafic Hariri, qui a été remis hier à l'ONU mais pas encore rendu public, le Liban vit dans un «Etat d'urgence non déclaré», selon la formule du ministre de l'Intérieur. Près de 10 000 hommes ont été mobilisés.
Fusibles. Depuis des mois, les médias et hommes politiques libanais prédisent que les conclusions de l'enquête de Detlev Mehlis, le chef de la commission d'enquête de l'ONU, vont provoquer un cataclysme régional. Une véritable psychose s'est emparée de la population. A tel point que des ministres ont dû intervenir pour infirmer des rumeurs, comme celle annonçant la fermeture des écoles pour le jour J. «Les gens ont peur des remous que pourrait provoquer le rapport, dit le député Samir Frangié, alors qu'ils devraient être heureux. Pour la première fois en trente ans, nous allons connaître la vérité sur un crime politique.»
Un optimisme que risque de démentir un rapport qui comptera forcément des zones d'ombre. La principale interrogation est de savoir s'il mettra ou non directement en cause la Syrie et ses leaders. Selon l'hebdomadaire Stern, le juge allemand Detlev Mehlis, lors de ses auditions à Damas, aurait entendu Assef Chawkat, le chef de tous les services de renseignements syriens, «comme suspect et non comme témoin». L'implication




