Un meurtre de sang-froid. Selon nos informations, le «coupeur de route», blessé et «appréhendé» le 13 mai par les militaires français en Côte-d'Ivoire, a été tué par les soldats au cours de son transfert vers l'hôpital de Man. De son côté, l'hebdomadaire Le Point précise que Firmin Mahé a été «étouffé, sans doute dans un sac en plastique, à mains nues».
Cette affaire, révélée le 17 octobre par le ministère de la Défense, fait l'objet d'une enquête interne à l'armée et d'une information judiciaire contre X pour «homicide volontaire». A titre conservatoire, trois militaires ont été suspendus, dont le général Henri Poncet, patron de l'opération Licorne au moment des faits.
Des faits qu'il est désormais possible de reconstituer, au moins partiellement. Selon des sources militaires françaises, Firmin Mahé, 30 ans, habitant du village de Dah (centre-ouest de la Côte-d'Ivoire), était à la tête d'une bande de «coupeurs de route», des bandits qui rackettent les populations locales. En avril, il était soupçonné de «5 morts, 9 blessés et 4 viols». Arrêté une première fois par les militaires de l'opération Licorne, remis à la justice ivoirienne, il avait été libéré peu après.
Blessé. Le 13 mai, sa route croise à nouveau celle des Français en l'occurrence un peloton du 4e régiment de chasseurs dans des circonstances peu claires. Mahé est blessé d'une balle à la jambe, mais parvient à s'enfuir. Il est retrouvé peu après, «appréhendé» et transféré au poste de secours militaire de Bangolo




