Nardaran envoyée spéciale
Avec ses mosquées, ses slogans à la gloire d'Allah et ses femmes enveloppées de voiles noirs, le village de Nardaran à l'allure d'une enclave islamique dans un Azerbaïdjan largement sécularisé. C'est là qu'a été créé le Parti islamique en 1991, c'est là qu'il a été réprimé quatre ans plus tard et c'est là qu'il subsiste aujourd'hui, illégal mais parfaitement toléré. Haut lieu de pèlerinage chiite, ce village à 35 km de la capitale, Bakou, a une longue tradition d'opposition au régime. Très pieux, Nardaran a conservé ses coutumes, y compris pendant la période soviétique qui a duré jusqu'en 1991. Il abrite la tombe d'une parente du septième imam chiite, devant laquelle les croyantes infertiles viennent s'incliner, dans l'espoir d'avoir des enfants. Dans ce lieu de pèlerinage, de nouvelles mosquées ont été financées par l'Iran voisin.
«Barbe blanche». Au village, ce sont les anciens qui décident. Et à 40 ans, Rauf Arifoglu, tout rédacteur en chef du journal du Moussavat (parti d'opposition) et ancien prisonnier politique qu'il est, ne fait rien sans consulter son aksakal (littéralement «barbe blanche»), Hadji Mursal Zeinellov, un vieillard de 74 ans. C'est avec lui qu'il décidera s'il faut ou non manifester en cas de fraude évidente lors du scrutin.
Ne pas avoir respecté les anciens a d'ailleurs coûté cher au pouvoir en 2002. L'arrestation de huit d'entre eux a provoqué une rébellion qui s'est calmée après neuf mois de bras de fer avec les forces de l'ord




