Bakou envoyée spéciale
En Azerbaïdjan, l'opposition avait promis une «révolution orange» en cas de fraude aux élections législatives du 6 novembre. De l'avis de tous les observateurs, le pouvoir a bien fraudé, mais le bloc Azadlig (Liberté) a été incapable de mobiliser un nombre suffisant de manifestants (de 15 000 à 20 000) pour faire reculer le régime. Las, l'opposition n'a finalement réussi qu'une pâle imitation du mouvement qui, en Ukraine, était parvenu l'an dernier à imposer un changement de pouvoir.
«Mercredi, nous voulions vraiment rester sur la place de la Victoire. Mais nous n'aurions même pas été 5 000 à nous installer et nous aurions été immédiatement dispersés», dit Emin Huseinov, le jeune coordinateur de Magam («Il est temps»), une organisation calquée jusque dans son nom et ses symboles sur sa grande soeur ukrainienne Pora.
Résigné, le jeune homme de 25 ans, vêtu en permanence d'un pull orange, remet donc ses espoirs dans le prochain rassemblement, qui doit avoir lieu dimanche : «Cette fois, nous serons bien 100 000.» Une affirmation qui risque de rester un voeu pieux tant l'opinion est indifférente à la politique dans ce pays riche en pétrole où moins d'un électeur sur deux a voté aux législatives.
Répression. Dirigé de manière très autoritaire par Ilham Alev, qui a succédé en 2003 à son père, un ex-général du KGB, l'Azerbaïdjan est une ancienne république soviétique peuplée de musulmans, frontalière de l'Iran et de la Russie.
Les obstacles au développement d'une




