Monceau-sur-Sambre
envoyée spéciale
Quand l'affaire Dutroux avait éclaté dans la région de Charleroi, en 1997, les habitants de la cité blottie autour de l'avenue de l'Europe, à Monceau-sur-Sambre, avaient compati au sort de Julie et Melissa, les petites victimes, deux enfants du pays. Ils avaient participé à la marche blanche. Ils avaient pleuré ensemble. Aujourd'hui, alors qu'une autre enfant du pays, une jeune femme de leur rue, est morte en devenant la première Européenne de souche à commettre un attentat-suicide islamique en Irak, la cité se terre dans le silence et l'incompréhension. Il n'y aura pas de funérailles pour Muriel Degauque dont la vie s'est achevée à 38 ans en entraînant cinq autres personnes dans la mort. «Elle avait choisi de vivre et de mourir en musulmane. Elle avait dit à ses parents qu'elle voudrait être enterrée dans un linceul. Ils ne feront pas rapatrier le corps», dit leur voisine, Andréa Dorange, qui s'est fait la porte-parole de la famille effondrée qui vient de perdre son deuxième et dernier enfant. L'aîné, un fils, s'est tué en moto il y a seize ans.
Ceinture d'explosifs. Marginale, Muriel a laissé peu de traces dans la région qu'elle a quittée il y a une quinzaine d'années. Et pas davantage à Bruxelles, où elle vivait jusqu'en septembre avec son second mari, Issam Goris, un Marocain de 35 ans, tué lui aussi à la mi-novembre en Irak, quelques jours après elle, par des soldats américains qui l'ont repéré alors qu'il portait une ceinture d'explosif




