Los Angeles correspondance
Lors d'une rencontre, en 1976, sur la plage de Venice, où les body-builders californiens exhibent leurs muscles, Arnold Schwarzenegger avait complimenté les biceps de Stanley «Tookie» Williams : «gros comme des cuisses !» avait déclaré le jeune acteur, sans se douter qu'il bavardait avec l'un des fondateurs du gang meurtrier des Crips (1). Près de trois décennies plus tard, Schwarzy, devenu gouverneur de Californie, tient la vie de Williams entre ses mains. Son exécution pour quatre assassinats, commis en 1979, est prévue pour le 13 décembre, dans le couloir de la mort de San Quentin, près de San Francisco. Lui seul peut accorder la clémence à Williams, et le gouverneur ne cache pas qu'il redoute cette prise de décision : devenu militant antigang en prison, le condamné de 51 ans barbiche blanche et lunettes est une cause célèbre des opposants à la peine de mort aux Etats-Unis. Stars hollywoodiennes et leaders religieux militent pour sauver la vie de «Tookie», au grand dam des conservateurs.
Pétition. «Stanley Tookie Williams n'est pas un type quelconque, il est une source d'inspiration», déclarait récemment le rappeur Snoop Dogg, qui se décrit comme un ancien Crip. L'acteur oscarisé Jamie Foxx, qui a interprété Tookie dans un téléfilm, a galvanisé une petite foule à Los Angeles. Susan Sarandon, Tim Robbins, Danny Glover, Angelica Houston, Harry Belafonte, ou encore Russell Crowe, ont signé une pétition pour demander la clémence à Schwarzenegger,




