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Libération

Un bastion de l'interdiction totale de l'IVG

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200000 avortements illégaux sont pratiqués chaque année dans cette société ultramachiste.

Publié le 10/12/2005 à 4h55

Santiago du Chili de notre correspondante

Séparée, mère de trois enfants de pères différents, la candidate socialiste Michelle Bachelet est une exception dans un pays où les femmes restent éloignées des postes de pouvoir, mais surtout où la condition féminine est une des moins enviables en Amérique latine. «Notre société pense encore la femme comme une reproductrice», souligne la sociologue Claudia Dides. «Le machisme est tenace au Chili, même au niveau de la justice et de la police : ainsi, quand les femmes battues portent plainte, c'est souvent classé sans suite», estime Lidia Casas, professeure de droit à l'université Diego-Portales. Une Chilienne sur deux serait victime de violences conjugales, et «70 femmes sont décédées l'année passée de la main de leur mari». Mais le machisme ne se limite pas à la sphère privée : seules 37 % des Chiliennes travaillent, un des chiffres les plus bas d'Amérique latine. Le conservatisme, le poids traditionnel de l'Eglise font aussi du Chili un des derniers bastions de l'interdiction totale de l'IVG.

Colère. «Je suis une survivante», lance ainsi Suzana, une Chilienne de 31 ans. Passé la joie d'apprendre qu'elle est enceinte, il y a un an, cette journaliste de la télévision a commencé à s'inquiéter. Un surpoids anormal l'empêche de marcher, elle vomit constamment, elle a bientôt des saignements réguliers. Son gynécologue travaille dans une clinique réputée et lui assure que tout va pour le mieux. Changement de médecin. De nouveaux examens lui

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