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Libération
Interview

Questions à... Me Emmanuel Altit

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Publié le 27/12/2005 à 5h08

L'un des défenseurs des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés d'avoir inoculé le sida à plus de 400 enfants fait part de son soulagement après que la Cour suprême libyenne a annulé dimanche leur condamnation à mort.

Avez-vous été surpris par cette décision?

Ce n'est pas une surprise dans le sens où le dossier est vide. Il n'y a que des aveux extorqués sous la torture, des preuves fabriquées et des violations des droits humains. Il était logique que la cour annule la condamnation. Mais des rumeurs laissaient envisager une confirmation de la peine de mort afin de donner plus de prix à la vie des infirmières. Nous sommes donc soulagés pour les infirmières et le médecin palestinien, qui voient s'éloigner de leur tête cette épée de Damoclès.

Le prix à payer a-t-il été ce fonds d'indemnisation pour les victimes ?

Pour les experts, ce fonds apparaît comme un gage donné aux Libyens. Le président bulgare a lui-même annoncé, il y a trois jours, une «bonne nouvelle» en ajoutant que cela «va coûter cher». Si telle est la réalité, ce montage, négocié à Londres entre la Libye, la Grande-Bretagne, la Bulgarie, les Etats-Unis et l'Union européenne, est le suivant : les Occidentaux payent. En échange, les Libyens annulent la condamnation et renvoient l'affaire devant la cour d'appel de Benghazi.

Peut-on espérer une issue rapide ?

Le droit tribal permet à la victime ou à sa famille de renoncer à se venger contre le versement d'une indemnité. C'est le prix du sang. Mais le calc

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