L'Europe frissonne, la France reste de marbre. La perspective d'une baisse des livraisons de gaz russe suite à la réduction de la pression dans le gazoduc qui traverse l'Ukraine pour arriver en Europe occidentale produit des réactions bien différentes dans l'Union européenne, reflétant la diversité de dépendance des pays membres.
Parmi les plus réactifs, l'Autriche, qui préside l'Union européenne depuis hier. Raccordé par le fameux tube ukrainien, le pays dépend pour 60 % de la Russie pour ses approvisionnements en gaz. Si Kiev «détournait» 20 % du flux, l'Autriche perdrait 12 % de son approvisionnement. De quoi geler en plein hiver. La Hongrie indiquait hier une chute de 25 % des livraisons, la Pologne, une baisse de 15%. C'est pourquoi le ministre autrichien chargé de l'Energie a adressé une lettre avertissant l'Ukraine qu'«une réduction de la fourniture en ce moment non seulement représenterait un développement tout à fait imprévisible, mais pourrait aussi créer des problèmes au niveau de l'approvisionnement en gaz de l'Europe occidentale». Une missive signée par François Loos, avec ses collègues allemand et italien, par «solidarité», explique-t-on à Paris. Pour la bonne raison que la France serait peu sensible à l'affaire. «Au pire, l'approvisionnement du pays peut se réduire de 4 %», a-t-on calculé au ministère de l'Industrie. Car la France, comme les pays baltes et l'Allemagne, reçoit aussi du gaz russe par les trois tuyaux passant par le nord de l'Europe. Et comme Gazp




