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Libération

Le Danemark empêtré dans des caricatures de Mahomet

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Face aux pays arabes indignés, le gouvernement avance la liberté de la presse.

Publié le 05/01/2006 à 19h59

Scandinavie de notre correspondante

«Nous voulions mettre la liberté d'expression à l'épreuve. Notre intention n'était absolument pas de provoquer.» Jørn Mikkelsen, l'un des rédacteurs en chef du quotidien danois Jyllands Posten, s'étonne encore du tollé suscité par la publication dans son journal, fin septembre, de douze dessins satiriques représentant le prophète Mahomet. Depuis, la tension n'a pas baissé. Réunis au Caire fin décembre, les pays de la Ligue arabe ont exprimé leur «indignation» et reproché notamment au Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, d'avoir refusé de rencontrer leurs ambassadeurs en poste à Copenhague.

Réticences. A l'origine de l'affaire, un écrivain danois, auteur d'un ouvrage sur la vie du prophète, s'interroge sur les réticences des dessinateurs à illustrer son livre. Il y voit l'un des effets de l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, abattu fin 2004 par un jeune islamiste d'origine marocaine. Le quotidien conservateur Jyllands Posten, tiré à 160 000 exemplaires, lance alors un appel aux dessinateurs danois. Douze d'entre eux y répondent. La série «Les visages de Mahomet» sort le 30 septembre.

Interdite par l'islam, la représentation du prophète soulève de violentes réactions. Manifestations, menaces de mort à l'encontre des illustrateurs... Dans l'un des dessins les plus critiqués, Mahomet est coiffé d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée. La plupart associent l'image du prophète au fondamentalisme ou au terrorisme d

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