Comme beaucoup de ses compatriotes, Tahseen al-Shekhli se dit «déçu» par le procès de Saddam Hussein. Ce professeur de sciences politiques à l'université de Bagdad, joint au téléphone, espérait que les Irakiens, en jugeant l'ancien despote, revisiteraient leur propre passé : trente-quatre ans de guerres, de massacres, de souffrance. «Je n'en fais pas une affaire de vengeance. Ce devait être le procès d'une période de notre histoire.» Au lieu d'un travail de mémoire, les séances du tribunal spécial ont tourné, selon lui, à un «spectacle» destiné à servir des objectifs politiques. «Ce n'est qu'une carte entre les mains de ceux qui nous dirigent. Les audiences coïncident un jour avec les élections, un autre avec l'annonce des résultats», souligne Tahseen al-Shekhli.
Démission du président du tribunal, polémique sur son successeur, assassinat de quelques avocats de la défense, interruptions en série... On est bien loin du procès exemplaire voulu par les vainqueurs. Plusieurs fois différée, la huitième audience s'est finalement tenue hier avec un nouveau juge, Raouf Rachid Abdel Rahmane, un Kurde comme son prédécesseur, né à Halabja, la ville martyre bombardée aux gaz chimiques sur ordre de Saddam en 1988. Une reprise des débats accueillie dans une relative indifférence par une population assaillie par les problèmes d'insécurité et les difficultés matérielles.
«Vive le roi !» «Moi, je m'en fous. Il n'y a que mon travail et ma famille qui comptent. Saddam, c'est fini. Le roi est mor




