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Libération

Les affaires louches de Thaksin Shinawatra

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La vente record de la firme de télécoms du Premier ministre scandalise le pays.

Publié le 18/02/2006 à 20h23

Bangkok de notre correspondant

Amporn Buachan est hors d'elle. Cette femme d'affaires, qui dirige une petite firme d'import-export, parle à qui veut l'entendre de sa colère contre le Premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra. «Les Thaïlandais ont un cerveau de buffles. Ils ne se rendent pas compte que Thaksin truande le pays», lance-t-elle. Elle prêche des convaincus : autour d'elle, sur la place royale décorée d'immenses portraits du roi, 15 000 manifestants sont rassemblés pour réclamer la démission du chef du gouvernement, réélu triomphalement il y a tout juste un an. «Moi, je travaille dur et je paie des taxes. Le Premier ministre ne protège pas les biens de la nation. Cela nous blesse», dit un autre. Sur une tribune surmontée d'une banderole «Sauver la nation», le sénateur Kraisak Choonhavan s'époumone au micro : «Nous ne sommes plus en démocratie, ce régime est pire qu'une dictature.»

Passe-droits. Cette vague de contestation est montée brutalement après la vente par la famille de Thaksin, un homme d'affaires richissime, de la firme de télécommunications qu'il a fondée, Shin Corp, à une société publique de Singapour. Ce qui a choqué de nombreux Thaïlandais est l'utilisation par la famille du Premier ministre de tous les passe-droits imaginables pour maximiser son profit et ne pas payer de taxes sur cette transaction d'1,5 milliard d'euros. «Il est devenu extrêmement riche d'un jour à l'autre, notamment grâce à l'absence de taxes. C'est très irritant pour les class

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