Bogotá de notre correspondant
Aujourd'hui encore, Franklin Pérez a du mal à trouver le sommeil. Des années après sa libération, les fantômes de sa captivité aux mains de la guérilla colombienne le poursuivent toujours dans sa petite maison de Bogotá, loin des jungles humides où il a perdu trois ans de sa vie. «Parfois, j'ai envie de repartir pour mourir au combat», lâche l'ancien soldat de 26 ans.
Le 3 août 1998, la base militaire isolée de Miraflores, où il était affecté, a été attaquée par des centaines de combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, extrême gauche). Le bâtiment comme le poste de police ont été détruits, et Franklin, comme beaucoup de soldats, n'a dû sa survie qu'à une course-poursuite dans la végétation tropicale. Après une nuit de bataille, couvert de boue, il a surgi dans une clairière... où les guérilleros se rassemblaient. «J'ai senti une balle frôler mon bras. Ils étaient tout autour de moi, j'ai lâché mon arme.»
Mûrement planifiés. Le soldat venait de rejoindre un butin humain que les Farc allaient grossir au fil des années. D'autres captures de combattants allaient succéder à l'attaque de Miraflores, mais aussi des enlèvements de civils mûrement planifiés, comme celui du sénateur Jorge Gechem, capturé sur une route de campagne le 20 février 2002. Trois jours plus tard, sur une voie du sud du pays au coeur de la guerre, la candidate à la présidentielle d'alors Ingrid Betancourt et son bras droit, Clara Rojas, tombaient à leur tour




