Washington de notre correspondant
Il y a désormais pire endroit que Guantanamo. La base de Bagram, à plus de 60 kilomètres de Kaboul, en Afghanistan, était censée n'être au départ qu'un lieu de passage des suspects arrêtés par les forces américaines, ceux-ci devant être distribués vers d'autres centres de détention. Toutefois, le centre s'est développé au fil des ans pour devenir une véritable prison où le droit n'a pas sa place. Environ 500 suspects de terrorisme, Afghans pour la plupart, y sont détenus, dans des conditions pires que celles des prisonniers de Guantanamo.
Hier, le New York Times a consacré, en première page, une longue enquête à cette situation jusque-là largement méconnue. Le quotidien rappelle que, à la différence de ceux de Guantanamo, les prisonniers de Bagram ne peuvent pas contester les conditions de leur détention devant les tribunaux américains et n'ont accès à aucun avocat. Ils n'ont pas le droit d'entendre les accusations dont ils font l'objet. La liste de leur nom n'est pas rendue publique. La presse et les élus américains ne peuvent pas visiter la base. Seule la Croix-Rouge internationale peut y accéder.
Le quotidien cite des militaires qui, sous couvert d'anonymat, décrivent un lieu très dur. Des hommes sont détenus dans des cages grillagées par douzaines, ils dorment par terre, sur des matelas en mousse. Jusqu'à il y a un an, ils devaient faire leurs besoins dans des cuvettes et ils ne voyaient que très rarement la lumière du jour.
Depuis 2003, que




