Menu
Libération

A La Nouvelle-Orléans, un mardi gras amer

Réservé aux abonnés

Une bonne partie des victimes du cyclone regrette l'organisation du carnaval cette année.

Publié le 01/03/2006 à 20h29

New York de notre correspondant

La ville dévastée est à nouveau capable de faire la fête. C'est le message que La Nouvelle-Orléans a voulu envoyer ces derniers jours en organisant son carnaval comme chaque année et en célébrant hier le traditionnel mardi gras. Remplir les restaurants et les hôtels était l'un des objectifs. Faire revenir les journalistes aussi. La ville avait disparu des médias américains pendant plusieurs mois, avec de rares exceptions comme l'émission quotidienne du journaliste Anderson Cooper sur CNN. Hier matin, la chaîne retransmettait le carnaval en continu : des images réjouissantes de chars parcourant les rues, de foule radieuse, de gens montrant leur satisfaction que le carnaval ait lieu cette année.

Sondage. Pourtant, un sondage diffusé par CNN, en coopération avec USA Today et Gallup, montre que cette unanimité n'est qu'apparente. Seuls 58 % des habitants blancs et 37 % des Noirs estiment que le mardi gras devait être célébré comme d'habitude. 10 % des Blancs et 37 % des Noirs pensent qu'il n'aurait pas dû avoir lieu cette année. Cette division recoupe un écart dans les dommages causés par le cyclone Katrina qui a provoqué l'inondation des quatre cinquièmes de La Nouvelle-Orléans le 29 août : 53 % des Noirs disent avoir tout perdu, et seulement 1 % des Blancs.

La ville n'a pas grand-chose à voir avec ce qu'elle était avant Katrina. Plus de la moitié de la population n'est toujours pas revenue. Les Blancs sont aujourd'hui majoritaires. La reconstructio

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique