Question du président du «tribunal», un colonel de la marine américaine : «Quand Oussama ben Laden a attaqué le World Trade Center, où étiez-vous ? Dans quel pays vous trouviez-vous ?» Réponse d'un détenu de la plus contestée des prisons américaines, le camp de Guantanamo, à Cuba : «Monsieur, j'étais chez moi, j'ai 18 ans. A l'époque, j'étais très jeune et j'ai appris à la radio ce qui s'était passé.» L'interrogatoire continue. Est-il allé au Pakistan après le 11 septembre ? Avant ? A-t-il jamais pris les armes contre les Américains ou l'Alliance du Nord (leurs alliés contre les talibans en Afghanistan) ? Les réponses sont laconiques. On apprend au passage que le jeune homme soupçonné d'accointances avec Al-Qaeda a passé trois mois dans les geôles talibanes pour avoir fait la fête le jour de la naissance de son petit cousin. «Ils punissaient toute une génération», tente-t-il d'expliquer à l'officier américain.
Fausses accusations. L'échange, qui figure parmi les 5 000 pages de documents rendus publics ce week-end par le ministère américain de la Défense, commence par une «question» du prisonnier afghan : «Ma question, c'est que je suis ici sans raison ; vous devriez m'aider parce que quelqu'un vous a donné de fausses accusations à mon sujet.»
Quatre ans après l'ouverture du camp pour terroristes présumés sur sa base navale de Cuba, le Pentagone a été contraint par la presse américaine de publier les comptes rendus d'interrogatoires de plusieurs centaines de prisonniers. Au nom




