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Libération

«Stop ou je tire ! On est ici pour vous aider»

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Publié le 08/03/2006 à 20h33

A la fin de l'invasion de l'Irak, le capitaine Nathaniel Fick (1) et ses marines entrent sans rencontrer de résistance dans Muwaffiqiya, une bourgade au sud de Bagdad. Ils avancent lentement. Ils sont nerveux. La radio vient de les prévenir que des fedayins opèrent dans la zone et préparent des attentats-suicides. Ils établissent un barrage pour permettre au reste du convoi d'avancer quand, à un carrefour, survient une voiture. «Véhicule en tête. Voiture bleue. Trois ou quatre passagers», lance un soldat. «Roger. Escalade de la force. Ne le laissez pas passer !», crie l'officier. Ils procèdent à un tir d'avertissement, puis ouvrent le feu. La voiture sort de la route, s'immobilise. Le chauffeur gît derrière son volant, sa tunique maculée de sang.

Chaque soldat américain mué en auteur possède son histoire de bavure mortelle au check point. Les victimes ne sont ni kamikazes ni combattants. Elles ont commis l'erreur de ne pas s'être arrêtées à temps ou d'avoir juste surgi au mauvais endroit et au mauvais moment. «Tout le monde pissait de trouille, raconte le sergent-chef Jimmy Massey dans Kill ! Kill ! Kill ! (2). Quand le camion tracteur orange a déboulé, l'un de ses hommes a levé le poing pour faire signe au chauffeur de s'arrêter. Sans effet. Nous avons tous ouvert le feu. Sans sommation... Un homme en feu, d'une soixantaine d'années, a sauté de la cabine et s'est mis à courir vers l'autoroute en essayant d'éteindre les flammes.»

Spectacle gore. Avec les premières relèves arri

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