Santiago du Chili
de notre correspondante
Le Chili est désormais dirigé par une femme. Michelle Bachelet n'a pu empêcher les larmes de couler sur son visage lorsque son prédécesseur, Ricardo Lagos, les yeux tout aussi humides, lui a remis l'écharpe présidentielle. Une émotion que les Chiliens, et surtout les Chiliennes, la plupart devant leur poste de télévision, n'ont pas manqué de partager lors de cette cérémonie d'investiture. La trentaine de chefs d'Etat, les centaines de personnalités politiques du monde entier ont ovationné la nouvelle présidente au Congrès de Valparaiso, ville portuaire à plus d'une heure de Santiago. Notamment la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le président vénézuélien Hugo Chavez, le Brésilien Lula ou le Bolivien Evo Morales, dont la venue incarnait un symbole fort de rapprochement (1).
Mais c'est dans la rue qu'on lui a fait la fête. Cotillons, cris de félicitations ont inondé l'artère principale de la capitale au passage de la socialiste, radieuse. «Vous le méritez», lui a lancé la foule. «Vous le savez, leur a répondu cette pédiatre de 54 ans du balcon du palais présidentiel, la Moneda, je n'ai jamais eu l'ambition du pouvoir, j'ai juste eu la volonté de servir.» Sa candidature est née des sondages. Elle a promis 36 mesures les 100 premiers jours de son mandat de quatre ans. Il s'agit de réduire les inégalités dans un pays où la différence entre riches et pauvres est parmi les plus importantes au monde. Elle a déjà tenu sa «parole de




