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Libération

Le procès Moussaoui en péril

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Suspendu, il pourrait être annulé si la juge estime qu'il y a eu vice de forme.

Publié le 14/03/2006 à 20h37

Alexandria (Virginie) envoyé spécial

Très agacée contre le gouvernement, la juge Leonie Brinkema a décidé hier matin de suspendre quarante-huit heures le procès du militant d'Al-Qaeda Zacarias Moussaoui. Pour la seconde fois, a-t-elle déclaré avant même l'entrée des jurés dans la salle d'audience, l'accusation a dérapé, utilisant des méthodes contraires aux droits de la défense. Les avocats de Moussaoui, qui considèrent qu'il n'est désormais «plus possible d'assurer un procès juste», exigent, eux, son annulation. Sans se prononcer sur le fond, la juge a annoncé qu'elle allait étudier de près la situation et «réfléchir».

La goutte qui a fait déborder le vase a été l'initiative d'une juriste de l'administration fédérale de la sécurité du transport (TSA) : celle-ci a transmis par mail à des témoins le verbatim de la première journée du procès, cherchant peut-être à les préparer à répondre aux questions de la défense. De telles pratiques sont contraires aux règles d'un procès, règles dont le respect est d'autant plus sensible lorsque l'enjeu est la peine de mort. «Depuis toutes ces années que je siège, je n'ai jamais connu une violation aussi monumentale», a déclaré la juge Brinkema. Si celle-ci choisit de poursuivre le procès, elle peut décider d'exclure tous les témoignages des agents de la sécurité aérienne concernés par l'affaire. Selon le procureur adjoint David Novak, cela reviendrait à détruire «la moitié du dossier du gouvernement».

Jeudi, déjà, la juge avait sèchement rapp

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