Belgrade, Pozarevac envoyée spéciale
Les uns étaient venus le chagrin au coeur et ils ont pleuré. Les autres avec la haine et ils ont crié. Contre le Tribunal pénal international de La Haye (TPI) qui a «assassiné» leur grand homme et les démocrates qui l'ont renversé. Non officielles, les obsèques de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic, inculpé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide pour son rôle dans les guerres yougoslaves (1991-1999), ont tourné, samedi à Belgrade, au meeting politique. Avec plus de 50 000 personnes, ramassées dans tout le pays par des bus affrétés par le Parti socialiste de Serbie (SPS, fondé par le défunt), et son allié, le Parti radical, dont le président, l'ultranationaliste Vojislav Seselj, attend lui aussi à La Haye son procès.
Version kitsch. Le refus du gouvernement d'autoriser des funérailles nationales à Belgrade n'a pas découragé les socialistes. Ils en ont organisé un simulacre. Avec pour modèle celles de Tito, le fondateur de la Yougoslavie résistante et communiste, mort en 1980. Version kitsch, s'entend. Interdit de Parlement, le cercueil a été exposé au musée d'Histoire de la Yougoslavie, l'ex-musée du 25-Mai, autrefois consacré à la gloire de Tito et situé non loin du lieu où repose l'ancien dirigeant communiste. Pendant deux jours, la foule était venue se recueillir devant la dépouille de l'homme qui avait, toute sa vie, eu l'ambition de devenir un nouveau Tito. Comme le défunt chef des partisans, Milosevic a eu d




