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Libération

Cameroun : Biya joue la carte anticorruption

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Le «coup de balai» réclamé par les bailleurs internationaux secoue le régime.

Publié le 24/03/2006 à 20h43

Douala correspondance

Pas de chance pour Jean-Marie Akono Ze. Cet ancien responsable de la radiotélévision publique camerounaise a été arrêté, fin février, alors qu'il s'apprêtait à franchir la frontière gabonaise. Dans ses bagages, deux mallettes remplies de billets de banque auraient dû l'aider à convaincre les gardes-frontière de le laisser filer. Ils l'ont remis à la police de Yaoundé qui, après l'avoir interrogé, l'a été remis en liberté.

Comme lui, une demi-douzaine d'ex-hauts responsables d'entreprises publiques (pour la plupart limogés en janvier) et plusieurs de leurs collaborateurs ont été arrêtés depuis le 21 février, et inculpés pour corruption, détournement de fonds publics, faux et usage de faux. Alphonse Siyam Siwé, ministre de l'Eau et de l'Energie, membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, fait partie du lot. En cause, sa gestion du port de Douala, dont il a été responsable jusqu'en février 2005. Tout comme Peter Akumchi Awa, un ancien directeur du Trésor.

Jamais autant de personnalités n'avaient été dans le collimateur de la justice. Mais ce coup de balai, plutôt inhabituel au Cameroun ­ réputé comme l'un des pays les plus corrompus d'Afrique ­, était dans l'air depuis plusieurs semaines. Le président Paul Biya lui-même en a donné le coup d'envoi avec son discours de début d'année. «Il faut que cela cesse», avait-il déclaré à propos des «détournements de fonds publics».

Listes. En prélude à cette chasse aux sorcière

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