Bangkok de notre correspondant
«Aimez-vous la démocratie ?» Le Premier ministre Thaksin Shinawatra a saisi le micro et s'avance sur l'estrade qui fait face à près de 200 000 personnes rassemblées sur l'esplanade royale de Sanam Luang, dans le quartier historique de Bangkok. La foule lui répond par une longue ovation. Regroupés par quartiers et par provinces, ses partisans, la tête ornée d'un bandeau «J'aime Thaksin», acclament chacune de ses tirades. «Il travaille dur. Il aide beaucoup les pauvres et il a aussi stoppé le trafic de drogue», glisse Suwanna Kanchai, venue de Thonburi, près de la capitale. Certains brandissent des pancartes : «Thaksin, le héros, l'unique». Les élections législatives de dimanche, provoquées par la dissolution du Parlement, fin février, sont une tentative du Premier ministre pour rétablir sa légitimité, mise à mal par les accusations d'abus de pouvoir et d'enrichissement au détriment de l'Etat.
Manifestations. La vente dans des conditions douteuses et sans payer de taxes, fin janvier, du conglomérat de télécommunications qu'il a fondé, Shin Corp, à la firme singapourienne Temasek a été, pour beaucoup de citadins, la goutte d'eau de trop. Depuis, des dizaines de manifestations ont paralysé la capitale, rassemblant un aréopage diversifié d'employés, de militants altermondialistes, de fonctionnaires et d'étudiants. Les trois partis d'opposition dont le plus important, le Parti démocrate boycottent le scrutin : la formation au pouvoir, le Thai Rak T




