Istanbul de notre correspondant
Les émeutes qui, pendant cinq jours, ont enflammé Diyarbakir et d'autres villes du Sud-Est anatolien, faisant au moins 9 morts et plus de 100 blessés, rappellent l'urgence du problème kurde, alors qu'Ankara a entamé, en octobre, les négociations d'adhésion à l'Union européenne. «C'est l'explosion d'une rage accumulée où se mêlent le désespoir politique face au blocage institutionnel et une immense frustration sociale», explique Umit Firat, intellectuel kurde indépendant.
Organisation terroriste. Les assaillants étaient, pour la plupart, des jeunes de 13 ans à 18 ans. A coups de pierres, ils ont attaqué les véhicules blindés de la police, les bâtiments officiels et les magasins, aux cris de «libération pour Abdullah ÷calan», le leader des rebelles kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), arrêté au Kenya en février 1999, puis condamné à la prison à vie. Ces heurts sont les plus violents depuis la reprise des combats par le PKK qui a mis fin, en juin 2004, au «cessez-le-feu unilatéral» proclamé cinq ans plus tôt. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par l'UE et les Etats-Unis.
Entre 1984 et 1999, la «sale guerre» entre les rebelles kurdes et l'armée a fait 37 000 morts et plus de 3 millions de personnes déplacées. Les opérations de la guérilla kurde embuscades le long des routes ou attentats à la bombe dans les villes ont fait, l'an dernier, quelque 84 morts parmi les forces de l'ordre.
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