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Libération

Saddam Hussein se fait accusateur à son procès

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Le raïs déchu a dénoncé les massacres commis par le ministère irakien de l'Intérieur.

Publié le 06/04/2006 à 20h51

Saddam Hussein parle en orfèvre. Interrogé sur ses crimes passés, il a dénoncé hier les massacres commis par l'actuel ministère irakien de l'Intérieur, un bastion chiite. «C'est la partie qui tue des milliers de gens dans les rues et qui les torture», a-t-il lancé durant son procès. Quand le président du tribunal lui a demandé d'éviter les déclarations politiques, il lui a répondu : «Si le ministre de l'Intérieur vous fait peur, il ne fait pas peur à mon chien.» Une cible de choix. Bayan Jaber, le ministre de l'Intérieur irakien, est détesté par les sunnites et accusé de couvrir les activités de commandos de la mort.

Face à ses juges, l'ancien dictateur ne connaît qu'un seul système de défense : l'attaque. L'annonce, faite la veille par le tribunal spécial, de son prochain jugement pour le génocide de plus de 100 000 Kurdes, n'a en rien entamé sa pugnacité. Debout, le doigt levé, la voix assassine, comme du temps de son règne sans partage, Saddam a recouru durant toute la séance, à l'invective, au déni ou aux imprécations. Il dit n'avoir fait qu'appliquer la loi en entérinant la condamnation à mort de 148 chiites du village de Doujaïl après l'attentat manqué contre lui en 1982. «C'était l'une des prérogatives du président de la République [...] Ce n'est pas moi qui ai prononcé le verdict. Je pouvais commuer les peines ou gracier les accusés. Il n'y a pas eu de recours et j'étais convaincu par les preuves présentées.» Pourquoi avoir ordonné l'exécution d'enfants alors que la l

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