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Reportage

«Des diables à cheval portant un fusil»

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Les miliciens jenjawids, qui sévissaient jusqu'alors au Darfour, terrorisent l'est du Tchad, où 50 000 villageois ont dû quitter leurs terres.

Publié le 24/04/2006 à 21h01

Goz Beïda envoyée spéciale

Assis en tailleur sur une natte devant de fragiles baraquements en paille, une trentaine de chefs de village attendent fiévreusement l'arrivée du sultan de Goz Beïda. Dans cette localité de l'est du Tchad à 100 kilomètres de la frontière avec le Soudan, la population a doublé depuis un mois. Près de 10 000 villageois tchadiens ont parcouru des dizaines de kilomètres pour se réfugier ici, victimes d'attaques répétées et violentes de ceux qu'ils nomment tous «jenjawids», ces miliciens armés et à cheval venus du Soudan. Ces attaques qui avaient auparavant lieu au Darfour débordent de plus en plus à l'intérieur du Tchad, créant de vastes mouvements de population. Le Haut-Commissariat aux réfugiés dénombre 50 000 déplacés à l'est du Tchad à ce jour ; 6 000 villageois tchadiens ont même demandé refuge au Darfour, qui est pourtant en proie à la guerre civile.

Errance. Lorsque le sultan prend place sur une chaise, chaque chef en boubou poussiéreux ou déchiré vient le saluer avec respect. «Nous allons devoir à nouveau vous déplacer dans cinq villages que nous avons choisis pour vous, annonce Seïd Brahim Mustafa. Ici, l'eau est rare. Il n'y a qu'un seul forage pour 20 000 réfugiés soudanais.» Les visages se rembrunissent. «Nous errons depuis cinquante jours à pied ou à dos d'âne. Nous avons perdu nos terres, nos maisons, notre bétail. Nous voilà enfin installés, et vous voulez encore nous faire partir», gémit un chef local.

Depuis les attaques des rebelles tcha

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