Katmandou envoyé spécial
Près de trois semaines après avoir lancé la campagne contre le régime du roi Gyanendra, les partis d'opposition népalais semblent, depuis quelques jours, dépassés par l'ampleur du mouvement qu'ils ont initié. Bien que les leaders assurent «contrôler la situation», tous les observateurs s'accordent à dire que ce sont désormais les foules qui dictent l'ordre du jour, à savoir l'abolition des pouvoirs du monarque, voire, pour les plus radicaux, la création d'une République. «La pression des manifestants est très forte, nous sommes obligés de suivre l'aspiration populaire, qui refuse tout compromis avec le roi», avoue d'ailleurs Pradeep Nepal, porte-parole du Parti communiste marxiste-léniniste, deuxième formation du pays.
Offre refusée. Avant même que l'alliance regroupant les sept grandes formations nationales annonce sa décision de refuser l'offre du souverain de constituer un nouveau gouvernement, samedi, des dizaines de milliers de manifestants étaient déjà descendus dans la rue, à travers tout le pays, aux cris de «Pas assez ! Pas assez !» ou encore «Pas de compromis !»
D'une seule voix, les Népalais refusent un simple retour à la monarchie constitutionnelle, réclamant, à la place, l'élection d'une Assemblée constituante, qui retirerait notamment au monarque le contrôle des forces armées. «Si les partis acceptent de négocier avec le roi, ils auront affaire à nous», affirme Kerken Gurung, propriétaire d'un petit magasin de vêtements. Radical, ce positi




