«Il faut que la France se souvienne de la Côte-d'Ivoire. Au Tchad, les rebelles s'en prendront au gouvernement et les Tchadiens aux Français», alerte un jeune homme d'un quartier de N'Djamena. La foule se rapproche. «Chirac veut absolument maintenir Déby au pouvoir. Mais qu'il nous laisse tranquille, s'énerve un professeur à bicyclette. Nous pouvons nous-mêmes choisir notre président, Déby ou un autre.» Des paroles qui reflètent une certaine rancoeur envers l'indéfectible soutien de la France au président tchadien, matérialisé par une présence militaire imposante : plus d'un millier d'hommes sont présents dans le cadre de l'opération Epervier. Le 12 avril, lorsque les rebelles du FUC fonçaient vers la capitale, un Mirage français a tiré un coup de semonce, officiellement «500 mètres à l'avant de la colonne». Mais plusieurs sources accusent Paris d'avoir été plus loin, ce que l'état-major français dément. Paris a toutefois reconnu avoir aussi fait du renseignement sur les positions rebelles et du transport de troupes gouvernementales. Si aucun incident antifrançais n'a été signalé, quelques jours après les combats, un hebdomadaire d'opposition titrait : «La France néocolonialiste tue 500 Tchadiens.» Des appels à la haine contre les Français publiés sur un site d'opposition politico-militaire, très lu, ont suscité l'inquiétude des quelque 1500 ressortissants français sur place. Depuis quelque temps, l'ambassade de France recommande d'être prudent, de ne pas sortir de chez soi
La France indéfectible et indésirable
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Publié le 03/05/2006 à 21h06
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