Cinquante-huit chefs d'Etats et de gouvernements, soit un tiers des nations de la planète, représentant près d'un milliard d'habitants, ça devrait faire une belle photo, mais quoi de plus ? A Vienne, en Autriche, qui préside ce semestre l'Union européenne, les «25» reçoivent les «33», soit tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbesâ à l'exception de Cuba, le seul qui ne soit pas dans la même gamme démocratique.
Peu d'avancées à attendre de ce sommet, quatrième du genre, qui devrait se terminer par de belles déclarations d'intentions. Bien que poussée par l'Espagne, ancienne puissance coloniale, et très gros investisseur en Amérique latine, l'UE n'est jamais parvenue à instaurer un dialogue permanent et cohérent avec le sous-continent américain. La signature de l'accord d'association entre l'Europe et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), prévue en octobre 2004 a été renvoyée aux calendes grecques (lire interview). Il est vrai que le «sous-continent» avance en ordre dispersé.
Le Mercosur et la CAN (Communauté andine des nations) sont en crise. Après le Chili en 2004, le Pérou et la Colombie viennent chacun de son côté de signer des accords de libre-échange avec les Etats-Unis, comme les cinq pays d'Amérique centrale. L'Equateur négocie. L'Uruguay réfléchit. A l'inverse, Cuba, le Venezuela et la Bolivie ont signé, fin avril, un Traité commercial des peuples, pour unir la «sainte trinité anti-impérialiste».
Le 1er mai, Evo Morales le président bolivien a nationa




