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Interview

«L’erreur, c’est Chávez dans le Mercosur»

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Alfredo Valladao, expert des relations UE-Amérique latine, analyse les enjeux du sommet :

Publié le 12/05/2006 à 21h12

Spécialiste des relations entre l’Amérique latine et l’Union européenne, Alfredo Valladao est directeur de la chaire Mercosur à Sciences-Po Paris. Il revient sur les enjeux du sommet de Vienne et sur les évolutions récentes de l’intégration latino-américaine.

De quoi parleront l’UE et l’Amérique latine ?

L’intitulé du sommet traduit son ambiguïté : un sommet Union européenne-Amérique latine et Caraïbes. L’UE c’est un accord politique. Mais «l’Amérique latine Caraïbes», ça n’existe pas. Il y a des Etats et entre certains de ces Etats, des processus d’intégration régionaux. En outre, ces sommets ont peu à peu perdu de leur substance, parce qu’il n’y a pas d’avancées concrètes. Dans les années 90, l’Union européenne a beaucoup investi dans ses relations avec les pays d’Amérique latine, et d’Amérique du Sud en particulier. L’UE voyait dans les processus d’intégration de ces régions un «animal qui lui ressemble» : le Mercosur, par exemple (Marché commun sud-américain) (1), ou la CAN (Communauté andine des nations) (2) avaient comme objectifs des intégrations profondes et pas seulement des zones de libre échange. L’Europe y voyait donc un modèle analogue au sien, face à un modèle plus «américain», celui des zones de libre échange. Le principal partenaire de L’Europe a été le Mercosur, le bloc le plus avancé dans l’intégration. En 1999, l’UE et le Mercosur ont lancé de véritables négociations. Sauf qu’il y avait une contradiction de base dans la position européenne : elle disa

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