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Libération

Tunisie: grève de la faim du barreau

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Une trentaine d'avocates jeûnent pour préserver leur indépendance.

Publié le 17/05/2006 à 21h15

Une trentaine d'avocates tunisiennes entament aujourd'hui une grève de la faim pour défendre l'indépendance de leur profession, menacée, selon elles, par le régime de Zine Ben Ali. Avec des dizaines de leurs confrères, elles font depuis huit jours un sit-in permanent, en face du palais de justice, à Tunis, pour protester contre une loi instaurant un institut de formation du barreau. «Ce sera une école dirigée par des fonctionnaires où, comme cela existe déjà pour les magistrats, seuls des gens proches du pouvoir pourront être recrutés», dénonce le bâtonnier, Abdelsattar Ben Moussa.

Tutelle. Au terme de la législation adoptée le 9 mai par la Chambre des députés, les études d'avocats vont échapper à la supervision du Conseil de l'ordre pour être confiées à un établissement placé sous la tutelle des ministères de la Justice et de l'Enseignement supérieur. «Actuellement, c'est moi qui choisis les enseignants», poursuit Me Ben Moussa. Dorénavant, «ce sera le gouvernement qui contrôlera l'entrée au barreau.»

Au moment où le texte était examiné par les députés, les avocats ont tenté, le 9 mai, de se rendre au ministère de la Justice, mais en ont été empêchés par les forces de l'ordre. Après des échauffourées, ils se sont repliés sur leur siège, la Maison du barreau, qu'ils occupent depuis lors. Le bâtiment «est encerclé par la police et nous sommes agressés physiquement et verbalement quand nous tentons de sortir. Deux d'entre nous ont été hospitalisés», affirme Me Radhia Nasraoui, q

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