S'il est un domaine où le terme de «rupture» cher à Nicolas Sarkozy pourrait s'appliquer avec bonheur, c'est bien celui de la politique africaine. Jacques Chirac incarne à souhait un mode de relation avec le continent noir instauré par le général de Gaulle dès la décolonisation du début des années 60, un modèle suivi, à quelques nuances près, par tous les présidents de la Ve République, de droite comme de gauche. Un mélange pas toujours subtil de paternalisme et de coups fourrés, d'aide au développement et d'exploitation éhontée. Le président de l'UMP a pour lui d'appartenir à une nouvelle génération politique qui pourrait se dégager de la rhétorique de l'amitié franco-africaine, qui sonne creux depuis bien longtemps. Mais il a cru bon de s'envoler pour Bamako le jour où est adoptée à Paris sa loi contestable sur l'immigration «choisie», prise comme une claque par de nombreux Africains. C'est, au mieux, une maladresse déconcertante ; au pire, un signe d'arrogance peu rassurant. De quoi rendre inaudible son discours annoncé sur sa «nouvelle politique africaine» : sur ce plan, les Africains sont gavés de belles paroles rarement suivies d'effets. Que la politique africaine de la France soit en mal de redéfinition est plus qu'une évidence, et il est urgent d'y procéder avant que le désamour ne se transforme en rejet pur et simple. Lionel Jospin avait défini un slogan fort vis-à-vis de l'Afrique : «Ni ingérence, ni indifférence.» Mais en pleine cohabitation avec Jacques Chirac, i
Éditorial
Belles paroles.
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ParPierre Haski
Publié le 18/05/2006 à 21h15
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