Bangkok envoyé spécial
Les gestes d'ouverture de la junte birmane sont si rares que le moindre mouvement soulève des espoirs apparemment disproportionnés. Pour la première fois depuis plus de deux ans, un haut représentant des Nations unies a pu rencontrer Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition, qui entre dans sa troisième année d'assignation à résidence. Ibrahim Gambari, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, s'est entretenu pendant une heure avec celle qu'on surnomme «la Dame de Rangoon».
Amélioration. Il l'a trouvée «en bonne forme» et a espéré «qu'elle puisse apporter sa contribution au pays», mais n'a rien révélé sur la teneur de l'échange. Il n'en a pas fallu plus pour que des représentants de la Ligue nationale pour la démocratie, la formation d'Aung San Suu Kyi, parlent d'amélioration significative et évoquent une prochaine libération de leur dirigeante. «Il est très probable que sa détention (qui arrive à terme le 27 mai) ne sera pas étendue cette fois-ci», indique U Lwin, secrétaire du parti.
Beaucoup restent sceptiques. «Les généraux sont sous une pression plus forte que jamais, même les pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est [l'Asean] en ont assez de leur immobilisme. Ils sont surtout inquiets de ce que le Conseil de sécurité des Nations unies se saisisse de cette question», dit Soe Aung, opposant basé en Thaïlande. Fin avril, une résolution du Conseil de sécurité a inclus la Birmanie parmi les pays violant les droits




