Buenos Aires de notre correspondant
Dès 9 heures, les premières colonnes arrivent sur la place de Mai, lieu symbolique des grands rassemblements populaires en Argentine : la Glorieuse Jeunesse péroniste devant le Mouvement Evita référence à Evita Peron , suivi du Bloc de Patagonie des ouvriers du pétrole.
Récupération politique. Tout le péronisme argentin, de la frontière bolivienne, au nord, à la Terre de Feu, au sud, a été convoqué pour célébrer les trois ans de pouvoir du président Néstor Kirchner et lancer la campagne pour sa réélection, en 2007. L'anniversaire coïncide avec la Fête nationale. L'opposition, de droite comme de gauche, a crié à la récupération politique. Mais comment se faire entendre d'une Argentine qui plébiscite à 80 % le Président ayant remis le pays sur les rails, après la catastrophe financière et institutionnelle de 2002 ?
Les organisateurs, qui attendent plus de 100 000 manifestants, craignent les frictions entre les innombrables composantes politiques et syndicales du mouvement du Président. Le néopéronisme de Néstor Kirchner ratisse tellement large qu'il rassemble des secteurs carrément antagonistes. On y retrouve aussi bien des piqueteros, ces «coupeurs de routes» qui n'hésitent pas à manier le bâton, que des petits entrepreneurs, des artisans et, bien sûr, des fonctionnaires, le gros de la troupe.
Nerida Nazaretto, une infirmière psychiatrique de 47 ans, attend des collègues pour brandir la banderole de son hôpital : «On est là pour se montrer.»




