Deux auditions et une perquisition à Paris en dix jours ! Quarante ans après l'affaire Ben Barka, Patrick Ramaël, le juge d'instruction en charge du dossier, n'entend pas renoncer à lever un coin du secret dans l'enlèvement, en 1965, à Paris, du leader de l'opposition marocaine, assassiné sans qu'on retrouve son corps. La perquisition surprise effectuée hier matin au domicile parisien de Driss Basri, l'ex-tout-puissant ministre de l'Intérieur du roi Hassan II, confirme que, faute de pouvoir enquêter au Maroc, le magistrat français est décidé à le faire depuis la France.
C'est vers 8 h 30, hier matin, que Patrick Ramaël, une greffière et deux gendarmes se sont présentés dans l'immeuble du XVIe arrondissement où Driss Basri, en disgrâce au Maroc, réside depuis deux ans. Ils en sont ressortis près de deux heures plus tard sans souffler mot. Neuf jours auparavant, le 22 mai, le juge l'avait déjà entendu pendant deux heures comme «témoin» au palais de justice. Pour avoir suivi pendant près de trente ans toutes les affaires de sécurité au Maroc, avant d'être limogé par Mohammed VI, Driss Basri n'ignore rien du personnel politique et sécuritaire marocain. Et c'est à ce titre que le magistrat voulait l'entendre, car il connaît certains personnages ayant trempé dans l'affaire Ben Barka, du commissaire Achaachi à «Chtouki» en passant par Tounsi. L'ex-«grand vizir» de Hassan II avait affirmé sans rire, après son audition, ne connaître les noms «d'aucun policier» impliqué, préférant insi




