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Libération

A Dili, capitale du Timor, le feu couve encore

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Publié le 03/06/2006 à 21h40

Dili (Timor Oriental) envoyé spécial

«C’est ici qu’ils ont tué mon ami», dit Pedro Da Silva Luz en montrant un cercle de pierres couvertes de cire de bougie où sont déposées des fleurs. Face au ministère de la Justice de Dili, la capitale du Timor oriental, à cent mètres de la mer qui miroite sous un soleil implacable, une dizaine de ces mémoriaux rudimentaires marquent l’endroit où dix policiers désarmés ont été abattus par les militaires de l’armée régulière de la jeune nation timoraise. «Ils ont marché du siège de la police jusqu’à ce carrefour. Arrivés au carrefour, les policiers ont été abattus comme des lapins, sous les yeux des agents des Nations unies qui portaient le drapeau de l’ONU», raconte-t-il en ramassant une douille sur le trottoir.

Cette fusillade, le 15 mai, a été le paroxysme de la crise qui a vu s’opposer clans militaires et factions de la police. Un conflit aux arcanes déroutants, qui a pour toile de fond un bras de fer entre le Premier ministre Mari Alkatiri et le président Xanana Gusmao pour le contrôle du pouvoir. Et qui a replongé ce pays, plus jeune nation de la planète, dans un chaos de violences qui rappelle l’enfantement douloureux de l’indépendance en 1999.

Arcs et lances. Malgré le débarquement de 2 200 militaires australiens, le 26 mai, Dili reste une capitale imprévisible où des bouffées de violences peuvent survenir à tout moment. Ainsi, dans le quartier de Bidau, une maison en planches et tôle ondulée est avalée par les flammes. Nul ne sait qu

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