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Libération

Bush dans l'embarras après trois suicides à Guantanamo

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Publié le 12/06/2006 à 21h46

Washington de notre correspondant

Trois prisonniers de Guantanamo, deux Saoudiens et un Yéménite, ont été découverts, dans la nuit de vendredi à samedi, pendus dans leur cellule à l'aide de draps ou de vêtements. Ce sont les premiers morts dans la prison depuis son ouverture, en 2002, sur cette base navale au sud-est de l'île de Cuba. Les autorités n'ont dévoilé ni l'identité des trois hommes ni le contenu de la lettre qu'ils ont laissée, rédigée en arabe : à Guantanamo, le secret est un principe sacré. Hier, l'Arabie Saoudite a rendu public le nom de ses deux ressortissants : Manei al-Otaibi et Yasser al-Zahrani.

«Guerre asymétrique». Pour les organisations des droits de l'homme, ces suicides témoignent du désespoir qui règne dans la prison : la plupart des 450 détenus ne savent pas s'ils seront jugés, n'ont aucun contact avec leur famille, et ils ne croisent des avocats que très épisodiquement. Mais pour les responsables militaires, les trois hommes, qui ne partageaient pas la même cellule mais se trouvaient dans le même bloc, étaient avant tout des terroristes qui, par leurs suicides visiblement coordonnés, n'ont cherché qu'à frapper les Etats-Unis. «Ils sont intelligents, ils sont créatifs, ils sont déterminés, a ainsi déclaré, samedi, l'amiral Harry Harris, qui dirige la prison, au cours d'un échange téléphonique avec la presse. Pour eux, la vie n'a pas de valeur, ni la nôtre ni la leur. Je crois que ce n'était pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre asymétrique

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