Dili envoyé spécial
Cernés par les militaires, la soixantaine de policiers de Dili, la capitale du Timor-Oriental, venaient de donner leurs armes aux fonctionnaires des Nations unies. Menés par Saif Malik, commandant de la police onusienne, portant le drapeau bleu de l’organisation, ils ont descendu la rua Jacinto de Candido. A la hauteur du ministère de la Justice, des militaires embusqués ont ouvert le feu, tuant 10 policiers et blessant 27 personnes, dont deux conseillers de l’ONU. Cet incident, qui s’est produit le 25 mai, quelques heures après l’arrivée des soldats australiens venus rétablir l’ordre dans l’ancienne colonie portugaise, a fait voler en éclats l’idée, souvent répétée, selon laquelle le Timor-Oriental était la success story des Nations unies.
L’ONU avait administré cette moitié d’île après le référendum en faveur de l’indépendance, en août 1999. Cette consultation avait mis fin à vingt-quatre ans d’une brutale occupation indonésienne responsable de quelque 200 000 tués. Jusqu’en mai 2002, jour officiel de l’accession à l’indépendance du Timor, les Nations unies ont tenté de poser les bases d’un Etat démocratique et viable.
Enormes défis.
Faut-il parler d’échec ? Les Nations unies auraient-elles pu mieux préparer le pays à faire face aux énormes défis édification nationale, pauvreté, éducation que devait relever cette première nation du nouveau siècle ? Les faiblesses qui ont précipité le Timor-Oriental, minuscule Etat d’un million d’habitants, en grande maj




