Fait suffisamment rare pour être relevé, les récentes atteintes aux libertés en Tunisie ont fait hier l'objet d'un débat au Parlement européen. Plusieurs résolutions, qui seront soumises demain au vote, condamnent les dérives sécuritaires du régime de Zine Ben Ali et rappellent que le respect des droits de l'homme «constitue un élément essentiel» de l'accord d'association qui lie ce pays à l'Union européenne.
Les eurodéputés n'aiment pas que l'on moleste l'un des leurs. Les harcèlements subis par la présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement, Hélène Flautre, lors de son séjour en Tunisie, les 25, 26 et 27 mai, ont suscité l'émoi à Strasbourg. Dès son arrivée à Tunis, la représentante des Verts a été suivie, puis chassée de son hôtel et, enfin, violemment prise à partie et poussée hors de sa voiture. Un policier lui a claqué la portière sur le bras. Son téléphone portable lui a été arraché des mains et confisqué pendant deux heures. «La police s'est déchaînée. J'ai l'habitude, mais là, ils ont sorti le grand jeu», s'écrie Hélène Flautre. Elle devait participer au congrès de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), cible des attaques régulières du pouvoir. Dans une démarche communautaire, les Européens avaient signifié au gouvernement tunisien leur attachement à la Ligue la plus ancienne du monde arabe. La LTDH a finalement été empêchée par les forces de l'ordre de tenir son congrès et certains de ses dirigeants, notamment sa vice-présidente, S




