Bangkok de notre correspondant
La crise politique au Timor-Oriental semble en passe d'être résolue après la démission à contrecoeur du Premier ministre, Mari Alkatiri, un musulman d'origine yéménite devenu en 2001 le premier chef de gouvernement de ce pays de un million d'habitants, à 90 % catholiques. Son bras de fer avec le président Xanana Gusmao, héros national de la lutte pour l'indépendance, s'est achevé par une brève déclaration d'Alkatiri où il a annoncé son départ de la tête du gouvernement «pour ne pas aggraver la crise politique» et «éviter la démission du président». L'annonce a été accueillie par des concerts de klaxons et des applaudissements par des milliers de Timorais rassemblés depuis une semaine devant le siège du gouvernement à Dili, la capitale, pour dénoncer les agissements d'Alkatiri.
Le très populaire Xanana Gusmao avait menacé la semaine dernière de quitter ses fonctions si le Premier ministre s'accrochait à son siège. Cette moitié d'île devenue indépendante en 2002, après vingt-quatre ans d'une brutale occupation indonésienne, avait sombré dans le chaos début mai après des affrontements entre factions militaires et policières rivales, provoquant plus de vingt morts et livrant Dili aux gangs de pillards. Seule l'arrivée de troupes australiennes, le 25 mai, avait pu rétablir un semblant d'ordre. Beaucoup de Timorais soupçonnent Alkatiri et son clan politique d'avoir favorisé ces violences pour renforcer leur pouvoir, voire instaurer un régime quasi dict




