Berlin de notre correspondante
Il était entré en politique avec fracas, il en ressort par le trou de la serrure, avec un seul mot : «Tschüss !» (salut). Joseph Martin Fischer, 58 ans, plus connu sous le nom de «Joschka Fischer», ex-soixante-huitard autodidacte devenu ministre Vert des Affaires étrangères, abandonne la politique. Il a annoncé mardi devant le groupe parlementaire Vert du Bundestag qu'il rendrait son mandat de député en septembre. «Ce tout petit show de départ», comme l'a qualifié hier le quotidien Süddeutsche Zeitung, a surpris les médias allemands, habitués à plus de truculence de la part de «Joschka le magnifique». L'image du jeune contestataire venu recevoir son premier titre de ministre de l'Environnement du Land de Hesse en 1985 en basket est restée aussi célèbre que le cliché dévoilant son regard narquois, une coupe de champagne à la main, célébrant la naissance de la première coalition «rouge-vert» de l'histoire d'Allemagne en 1998.
Durant cette dernière décennie, Fischer aura été la «dernière pop star de la politique allemande», estime son ami Daniel Cohn-Bendit. Même durant la période où le gouvernement Schröder a déstabilisé l'Allemagne avec ses réformes du marché du travail, Fischer restait l'homme politique le plus aimé et le plus populaire d'Allemagne. Ses colères légendaires et son absence totale de modestie n'ont guère entamé son aura, notamment à l'étranger. Le chauffeur de taxi reconverti en politicien était considéré comme un «intellectuel visi




