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La machine de mort khmère rouge face à ses juges

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Publié le 03/07/2006 à 21h50

Phnom Penh envoyé spécial

Avec un regard terrible, le géant de Phnom Chisor brandit une massue d'une main et de l'autre pointe un doigt accusateur. «Il est capable d'arracher un palmier à sucre et de le jeter en l'air», dit Reach Sambath, porte-parole du tribunal khmer rouge. Des offrandes en feuilles de bananiers, où sont plantés des bâtons d'encens, ont été déposées devant la statue du héros légendaire qui trône face au bâtiment flambant neuf à l'architecture traditionnelle. Là va se tenir le procès des dirigeants khmers rouges qui ont fait périr environ deux millions de Cambodgiens entre 1975 et 1979. «Je prie tous les matins devant le géant. Nous voudrions que les suspects et les témoins prêtent serment devant la statue, mais cela dépend des juges», poursuit Sambath.

Fossé. Des ouvriers creusent un fossé «pour arrêter les voitures non autorisées qui voudraient s'approcher». D'autres posent les structures des cellules où seront enfermés les suspects pendant le procès qui commence aujourd'hui avec la prestation de serment des juges et qui devrait durer trois ans. Dans la salle d'audience immaculée, 500 sièges pliables sont fixés dans le sol face à une grande scène en bois de teck. On dirait un théâtre. C'est d'ailleurs ce que dit le signe en khmer sur le bâtiment, qui va être bientôt remplacé par «Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens».

Près de dix ans après d'âpres négociations, le procès des Khmers rouges ­ auteurs des crime

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