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Libération

Un tortueux travail de mémoire

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Des Cambodgiens craignent que le procès oublie les victimes et soit peu suivi.

Publié le 03/07/2006 à 21h50

Phnom Penh envoyé spécial

Comment associer les Cambodgiens au procès des Khmers rouges ? C'est l'un des défis à relever pour ceux qui s'inquiètent que les lois relatives au procès parlent peu des victimes et des témoins. «A quoi sert un procès qui condamne des leaders khmers rouges que toute la communauté internationale a déjà condamnés ? On ne parle pas des victimes. Je ne crois pas que le petit peuple aura droit à la parole», s'indigne Son Soubert, membre du Conseil constitutionnel. Non seulement des millions d'habitants du Cambodge ont souffert sous le régime de Pol Pot et ont droit à la vérité, mais le travail de mémoire peut aussi bénéficier à la moitié de la population du pays née après la chute des Khmers rouges en 1979. Les audiences se dérouleront dans un bâtiment du quartier général des forces armées ­ inoccupé ­ à vingt kilomètres de Phnom Penh. C'est évidemment le genre d'endroit où les Cambodgiens ne se rendent pas volontiers.

Visites. L'administration du tribunal n'a pas encore confirmé si les audiences seront diffusées en direct et en intégralité par les télévisions et, surtout, par les radios, principal moyen d'information des Cambodgiens hors de la capitale. «Il y aura le procès, mais est-ce qu'il y aura la volonté de montrer tout cela ? Est-ce qu'il n'y aura pas de la rétention d'informations pour éviter que trop de choses ne remontent à la surface ? On n'en sait rien», déplore Pierre Gillette, rédacteur en chef du quotidien Cambodge Soir

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