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Libération
Reportage

En vue des JO, Pékin rase gratis

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La ville détruit ses vieux quartiers et expulse ses habitants contre des indemnisations indignes.

Publié le 11/07/2006 à 21h56

Pékin intérim

Tous les travaux doivent être finis dans un an et demi, le temps que la poussière des chantiers retombe avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Après avoir rasé au sol et reconstruit l'équivalent de la superficie de Paris intra-muros, la municipalité de Pékin s'attaque aux derniers quartiers historiques, détruits à la hâte et vidés de leurs habitants. Juste au bord sud de la place Tiananmen, l'un des principaux coeurs de la capitale disparaît sous les coups de bulldozers. Un peu l'équivalent du Marais parisien, le quartier de Qianmen compte environ 100 000 habitants, qui ont été sommés de quitter leurs foyers au début du printemps. Un mois pour déménager en acceptant les maigres compensations proposées, faute de quoi, c'est l'expulsion manu militari.

Abrupte. Dans un décor de ruines et de gravats, la vie des ruelles continue. Car beaucoup d'habitants ont refusé de partir, parfois dans des conditions tragiques. En mai, un récalcitrant s'est immolé par le feu quand la police a brisé les portes de son magasin et jeté tous ses articles sur la chaussée. En juin, un couple de retraités s'est tranché les veines quand des camions de déménagement sont venus emporter leurs meubles et eux avec vers une banlieue désignée d'office. «Les feuilles tombent près des racines, nous voulons mourir où nous sommes nés» furent les dernières paroles de la vieille dame. Des récits similaires circulent dans tout ce quartier de 25 hectares, ville chinoise traditionnelle

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