Johannesburg de notre correspondante
Se posant en leader du continent, l'Afrique du Sud envisage d'ouvrir rapidement une ambassade dans chaque pays africain. Pretoria, qui a envoyé 128 observateurs pour les élections en république démocratique du Congo (lire aussi ci-contre) de ce dimanche, participe aussi à plusieurs missions de paix, notamment au Burundi, un pays francophone, et au Soudan. «Vu le rôle que nous jouons en Afrique, il est nécessaire de connaître le français, explique la porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Nomfanelo Kota. C'est très important, ne fût-ce que pour dire quelques mots afin de briser la glace !» Le président Thabo Mbeki, le père du concept de la «Renaissance africaine», s'y est mis et n'hésite pas à prononcer quelques mots lors de ses entretiens avec des responsables de Côte-d'Ivoire, où Pretoria joue un rôle de médiateur. Mais si les connaissances du chef de l'Etat restent rudimentaires, la ministre des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini Zuma, elle, se débrouille bien.
«Handicap». En Afrique du Sud, l'apprentissage du français ne se limite pas au champ diplomatique. Les Sud-Africains sont en effet devenus les plus gros investisseurs sur le continent noir. Or, «le fait de ne pas parler français est un terrible handicap en Afrique francophone», confie Cédric Canu, un consultant français engagé par MTN, une compagnie sud-africaine de téléphone cellulaire, pour mener à bien le rachat d'un opérateur au Congo-Brazzavi




