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Libération

Le Liban redoute le réveil de ses vieux démons

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Une fois la guerre finie, la solidarité pourrait laisser la place aux divisions intercommunautaires.

Publié le 11/08/2006 à 22h55

Beyrouth de notre correspondante

Des Libanais aidant d'autres Libanais malgré les rancoeurs de la guerre civile, ce sont les images qui défilent sur tous les écrans télévisés du monde. Pourtant, derrière la solidarité affichée se cache une autre réalité. Celle de l'angoisse de l'après-guerre. Que se passera-t-il quand le bruit des armes se sera tu ? Les Beyrouthins ont de plus en plus peur que de nouvelles divisions surgissent une fois que l'émotion des premières semaines laissera place à un problème bien concret : la nécessité de reconstruire un Etat.

Dans son immense majorité, la population non chiite ne supporte plus l'idée que le Hezbollah puisse conserver son arsenal militaire. «Nous refusons qu'un parti qui ne nous représente pas ait la possibilité d'entraîner tout un pays dans la guerre», dit Sami Nader, un politicien proche de la majorité parlementaire. Et, surtout, chrétiens, sunnites et druzes sont exaspérés par le fait que seule l'une des communautés confessionnelles dispose d'une puissance de feu.

Cheval de Troie. Il y a quelques mois, des élus de la majorité parlementaire, portée au pouvoir l'année dernière après le départ des troupes syriennes du Liban, ont commencé à réclamer l'application de la résolution 1559, adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU en septembre 2004, qui demande «que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées». Le chef druze Walid Joumblatt, qui considère le Hezbollah comme un dangereux chev

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